Patrick Simon

Depuis l’attaque militaire contre l’Ukraine en février dernier, notre pays doit faire face à des pressions énormes de la part de nos voisins et des USA, soucieux d’opposer un front uni, face à l’agression russe commise, selon l’OTAN, les USA et les membres de l’Union Européenne, sans aucune provocation.

Cette agression est inadmissible, à l’opposé de nos valeurs humanistes, de notre intelligence et de notre aspiration à la paix, mais nous verrons dans l’avenir si les déclarations belliqueuses des va-t-en guerre Joe Biden, Emmanuel Macron, Boris Johnson et autres fanfarons, étaient fondées ou non pour autant qu’on le veuille et ceci est une autre histoire….

Aujourd’hui nous ne pouvons que regretter et pleurer la perte d’enfants, de femmes, de jeunes hommes et de seniors, qui découvraient la vie et qui n’aspiraient qu’à vivre paisiblement, à donner d’eux-mêmes et qui ont été broyés dans le chaos de l’histoire, pour des raisons politiques relevant d’un autre âge, d’une époque sombre que l’on croyait révolue.

Clémenceau disait : « Il est plus facile de faire la guerre que la paix », ainsi la Suisse a toujours su se distancer de tous les conflits en se plaçant toujours comme un interlocuteur privilégié, un missionnaire de bons offices, afin de trouver des solutions de paix acceptables pour toutes les parties, car on le sait, la paix est difficile à organiser et si la guerre peut être déclarée par un seul homme, il faut être deux pour faire la paix !.

Le politologue Alexandre Adler Albert mentionnait dans un récent entretien « que nous assistons actuellement à la bascule du siècle et que cette guerre va certainement précipiter la chute du Président Poutine… » et va pousser l’Europe à se rapprocher de la Russie. Je partage pleinement son analyse et cela ne fait que renforcer mon idée de rester à l’écart de la guerre et des sanctions afin de préparer la paix future en rappelant les propos d’Albert Brie « On trouve toujours de l’argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix ».

Aujourd’hui, j’ai l’amère conviction d’avoir failli à notre vœu de neutralité, tout comme la Suède et la Finlande et la fracture qui va résulter de cette guerre va être longue et douloureuse à se combler. En faisant allégeance à l’OTAN et à l’Union Européenne, nous avons pris parti pour un camp, contre l’autre et ceci est extrêmement dommageable pour notre image et pour le rôle d’arbitre que nous entendons et voulions jouer sur la scène internationale, j’espère que l’intelligence et le bon sens reprendront le dessus et que nous saurons nous distancer des pressions américano-européennes car jusqu’à maintenant, nous avons eu plus à souffrir de notre volonté de cohésion internationale que d’avantages…