Simon Lepêtre

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

L’arrêté d’imposition récemment publié met en évidence que Montreux, avec un revenu fiscal moyen par habitant (RFS) de CHF 2’900.–, se situe nettement en dessous de la moyenne cantonale (CHF 3’340. –).

Cette situation positionne notre commune parmi les bénéficiaires de la péréquation intercommunale, malgré une image dynamique sur les plans touristique et culturel.

La comparaison avec nos voisines de la Riviera – telles que Vevey (CHF 3’601.-), La Tour-de-Peilz (CHF 3’842.-), Blonay–St-Légier (CHF 4’094.-) ou Corseaux (CHF 5’457.-) – révèle que Montreux dispose d’une base fiscale sensiblement plus faible.

Par ailleurs, dans le contexte cantonal, Montreux se situe derrière la plupart des centres urbains tels que Lausanne (CHF 3’329.-), Morges (CHF 4’044.–), Nyon (CHF 4’698.–), Pully (CHF 5’729.-) ou Lutry (CHF 5’966.-), qui bénéficient d’un RFS nettement plus élevé.

Cette situation met en évidence une contradiction : bien que Montreux bénéficie d’une renommée mondiale, d’une position géographique privilégiée, de liaisons efficaces et de la proximité de grandes villes, elle ne possède pas pour autant une capacité fiscale équivalente.

Cela entraîne donc des difficultés spécifiques pour financer ses infrastructures, soutenir ses politiques sociales et culturelles ainsi que développer de nouveaux projets.

Il est également essentiel de prendre en compte les conséquences à venir du « Baby-boom », qui devrait, selon toute probabilité, modifier en profondeur la composition de nos contribuables, notamment par une augmentation marquée de la part des recettes issues de la fortune par rapport à celles provenant de l’impôt sur le revenu.

Pour éclairer les décisions stratégiques, une analyse approfondie et prospective est nécessaire.

Le présent postulat invite la Municipalité à présenter un rapport :

  1. Analysant les causes de la relative faiblesse de la capacité fiscale de Montreux (structure socio-économique, profil des contribuables, poids des résidences secondaires, attractivité pour les familles et entreprises, etc.).
  2. Comparant l’évolution du RFS de Montreux avec celle des communes de la Riviera et des principales villes du canton sur les 10 à 15 dernières années.
  3. Identifiant les conséquences concrètes de cette situation pour les finances communales, notamment en termes d’investissements, de prestations et de dépendance au système de péréquation.
  4. Proposant des pistes stratégiques pour renforcer la capacité fiscale à moyen et long termes (attractivité résidentielle et économique, diversification des recettes, collaboration intercommunale, optimisation des charges).

Ce postulat vise à doter le Conseil communal et la Municipalité d’une vision claire et documentée de la situation fiscale actuelle et future de notre Commune, afin de permettre des choix budgétaires et stratégiques éclairés. 

Mathieu Quartier,
Conseiller communal PLR

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